Lorsque j'attendais la venue de mon premier fils qui était dûe en décembre 2007, j'avais acheté un tout petit ensemble appelé nid d'ange pour sa sortie de l'hôpital et les premières semaines enneigées qui s'ensuivraient.
Il m'arrivait de le sortir de la housse dans laquelle il attendait patiemment pour le humer, mettre mon nez dedans en imaginant ce que ce serait d'avoir enfin, mon premier enfant niché à l'intérieur, avec seulement un petit bout de visage rose qui en émergerait.
Lorsque le destin en décida autrement, le nid d'ange, qui portait dorénavant bien son nom mais auquel manquait l'ange en question fut remisé, comme une relique, dans sa housse dans le fond d'un placard. Lorsque je le regardais, montaient en moi toutes ces émotions incompréhensibles. Je me disais que jamais, de toute ma vie, je ne pourrais m'en débarrasser. Que je le garderais toujours en souvenir. Il représentait un pont entre mon fils et moi, un souvenir presqu'aussi important que tous les autres petits objets qui l'avaient touché lors de sa très courte visite parmi nous.
Et puis, dernièrement, l'envie m'est venue d'offrir de le prêter à une de mes copines qui attend un petit garçon en février. Un besoin presque vital qu'elle l'accepte même si pour le moment, elle ne sait pas ce que j'aie derrière la tête. Je ne le sais peut-être pas moi-même mais j'ai envie qu'il y ait de la vie dedans. J'ai envie qu'un beau minois rose s'y niche quelques semaines.
J'espère qu'elle acceptera.
Il faut parfois laisser aller. Ça doit être celà qu'on appelle guérir.
Champ gauche
Il y a 3 ans
