mardi 9 juin 2009

Carillon



Cette semaine, le 16 pour être précise, ce sera l'anniversaire de décès de mon amie Stéphanie. Déjà deux ans qu'elle nous a quittés de manière pécipitée, sans même avoir vraiment eu la chance de pouvoir vivre ses derniers mois à fond puisqu'elle avait la certitude qu'elle s'en sortirait. Comme moi d'ailleurs. La chute n'en fut alors que plus pénible.

Comment accepter la mort alors qu'on est si jeune, si habituellement plein de force, de vitalité?

Il a bien fallu le faire puisque c'était comme ça. J'ai souvent parlé d'elle ici parce qu'elle me manque. Ici et ici encore.

Et, je ne pourrais passer sous silence son départ encore cette année. 

J'hésite alors à raconter ce que fut nos derniers moments ensemble alors qu'elle n'était plus que l'ombre de soi-même dans un lit impersonnel dans un hôpital quelconque ou alors raconter certaines de nos péripéties. Celles dont je me rappelle et qui me mettent de bonne humeur. Celles qui font me rappeler pourquoi cette fille-là est devenue instantanément mon amie et pourquoi, elle était si aimée partout où elle laissait sa trace.

Et pourquoi pas un mijoté des deux? Les bons moments car ILS valent la peine.

Part 1: Lit d'hôpital

Je crois qu'elle dort. Sa mère m'a avertie qu'elle était très sonnée par la médication mais qu'elle était consciente. J'entre et je la vois. C'est un peu difficile de la voir ainsi. C'est comme si une éclipse était passée devant un soleil. Son visage n'est pas attaqué par la maladie. Elle est maigre, oui très maigre mais son visage est demeuré beau.

Elle me voit.

Je retiens mes larmes car dans ma tête roule la même phrase: c'est la dernière fois que je la vois; c'est ma dernière fois. 

Elle ne voulait pas voir personne. À la fin, elle s'est ravisée. Pas pour elle je crois mais pour nous car elle m'a demandée si ça m'aiderait pour faire mon deuil de pouvoir la voir. À la fin encore, elle pensait à nous au lieu de penser à elle. Elle ne voulait pas que nous la voyions comme ça. Elle n'avait pas eu le temps vraiment d'accepter ce qui se produisait et je crois, faisait contre mauvaise fortune, bon coeur.

Je lui ai pris la main. J'aurais voulu serrer si fort, comme si j'avais pu la saisir et la ramener de ce côté-ci de la vie.

Elle m'a demandé: Comment ça va être?

Je lui ai dit de ne pas s'en faire que ce serait beau. Qu'elle ne serait pas seule lorsque viendrait le moment.

Elle avait l'habitude de m'appeler "son amie spirituelle."

Comme si je savais alors que la seule chose que je sais est que je ne sais rien. Finalement.

Elle m'a regardée de ses grands yeux encore plein d'expression et elle m'a dit qu'elle avait peur.

Je lui ai répondu de ne pas. 

Ses yeux fermaient pendant de longues minutes. Silence.

Encore silence.

Et elle les ouvraient de nouveau avec tant de fatigue.

Je lui ai dit: si c'est possible de l'autre côté, envoie-moi un message quand tu pourras. Je lui ai dit de faire ce qu'elle voulait mais de ne jamais briser une bouteille de vin lors d'un quelconque message d'outre-tombe.

Son visage s'est éclairé et elle a sourit. Elle a dit: Tu es conne!

Et elle a dit:il faut faire nos adieux maintenant. Je lui ai dit: je vais revenir te voir. Elle a dit: non, on fait celà tout de suite.

Merde comment on fait cela, dire adieu à quelqu'un? Je n'avais alors pas beaucoup d'expérience. C'était deux mois avant le départ de mon père et un an avant celui de mon fils. Ensuite, faut croire qu'on y trouve quelques techniques malgré le choc de la chose.

J'ai alors serré sa main encore plus fort et je lui ai dit que ce fut un honneur d'avoir pu faire un bout de chemin avec elle. Qu'elle devait m'attendre de l'autre côté. Je l'ai fait encore rire.

Et je suis sortie.

Elle s'est endormie avec un sourire sur le visage. 

J'avais ouvert la machine des conneries que je pouvais dire à la seconde. Pour essayer de la faire rire. Pour lui rappeler que tout ne devait pas se terminer dans le gris-noir. Je lui ai dit qu'elle s'en allait rejoindre les membres de la navette Columbia. Mais ça, ce sera pour le Part two de cette histoire.

Je pense souvent à elle. Et c'est tout le temps magique et nostalgique. 

Elle était un sacré bout de femme! Et je sais qu'elle m'attend de l'autre côté. Bah, pas juste moi quand même mais tous ceux qu'elle a aimé et qui l'ont aimé. 

Presque tout le monde quoi!

lundi 8 juin 2009

Bonne chance Katou!

Il y a des histoires horribles qui se produisent. Lorsqu'on perd un bébé, on se fait souvent dire: la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, comme pour dédramatiser, pour essayer de camoufler l'horreur.

Et bien, désolée de vous décevoir, mais oui la foudre peut tomber deux fois au même endroit. Demandez-le à Katerine. Deux fois, elle a dû vivre la perte, l'accouchement et le retour à la maison sans bébé dans les bras.

Mais pas cette fois. Demain, elle va à la rencontre de Lia.

 38 semaines d'angoisse, de doute, de peur. Je la comprends. Mais demain est jour de fête. Lia a décidé de bien s'accrocher et cette fois-ci, demain, elle tiendra son premier bébé vivant dans ses bras.

Je suis si émue. Lorsqu'une de nous réussit, c'est victoire avec un grand V.

Je ne pouvais pas le taire. J'ai même envie de le crier sur tous les toits. 

Je pleure de bonheur avec eux et leur souhaite tout l'amour et le bonheur du monde...

Demain... moins de 24 heures...

Et tournée générale pour tous! Ça se fête!

dimanche 7 juin 2009

Hommage à Papa poule (deux semaines en avance parce que je me suis mêlée les pinceaux)





Même s'il représente le poulaillier à lui seul, Papa poule a su créer un cocon de chaleur et d'amour dans sa petite maisonnée.

Toujours prêt à changer une couche, à crémer le fesses suintantes de substances radioactives sans même lever un sourcil, à faire chauffer quotidiennement de l'eau pour saliner les narines obstruées de son fils, à travailler ses heures normales de boulot et à réussir par-dessus cela à faire le ménage, récurer la toilette, mopper le plancher , cuisiner des pâtes à la Gigi et surtout, supporter mes inlassantes réclamations en chialant juste un petit peu, il est ce que je pourrais appeler un Chéri-Père-Poule-Moderne-de-luxe.

C'est donc facile de rouspéter, se plaindre, commenter et parfois dénigrer. Il devrait être aussi facile de vanter, remercier et aimer.

C'est pourquoi aujourd'hui, en cette journée où Papa poule sera fêté comme tous les autres géniteurs, il est impératif de lui dire combien je l'aime, combien il m'est important, combien ses qualités de Père protecteur, même si elles frôlent le département de la santé mentale expérimentale me font rire et m'enchantent et combien il fait de mon univers un monde magique où tout est prétexte à la dérision, à l'humour et à la bonne humeur contagieuse.

Il était mon héros avant la naissance de ses deux fils; il l'est davantage aujourd'hui.

Bonne fête Papa poule!



samedi 6 juin 2009

Episode de "24" à la Taverne


4h00-5h00:Lever du corps. Machine espresso à On. 

5h00-6h00:Allaitement

6h00-7h00: Bébé fait la banane, le bacon, le contorsionniste et/ou toutes ces réponses

7h00-8h00:Allaitement

8h00-9h00: Bébé fait la banane, le bacon, le contorsionniste et/ou toutes ces réponses

9h00-10h00: Allaitement

10h00-10h30: Bébé nous vomit un 750 ml de substance radioactive dessus. Déshabille bébé. Bain de bébé

10h30-11h00: Bébé est tout propre, juste à temps pour évacuer sa congestion intestinale qui stagne depuis 3 jours. Re-déshabille bébé. Re-bain de bébé.

11h00-11h30: Essuyage de bébé. Bébé en profite pour tester ses propulsions d'urine.

11h30-12h00: Retrait des éléments souillés et re-allaitement de bébé.

Il est midi et on remarquera que la machine à café est toujours à On et qu'à aucun moment je n'ai mentionné avoir pu me servir une petite tasse...

jeudi 4 juin 2009

Vaut mieux en rire...






Alors que mon bon chum Phil déménageait dans son nouveau condo, une surprise de taille attendait les nouveaux locataires.

Oui, oui, ici à Pointe-aux-Trembles. 

Les permis de conduire, ça se donne à n'importe qui faut croire!

mercredi 3 juin 2009

Tomahawk

Il fut un temps, que je n'aie pas connu, où les handicapés pouvaient être refusés dans les restaurants. Oui, oui j'ai vu un film là-dessus dernièrement,

Aujourd'hui, on refuse les mamans avec leur poussette. Mais faut-tu être cons!


Connaissant ma légendaire humeur concernant les morons, j'aurais bien aimé que ça m'arrive!

*SuperTeigne en action*

mardi 2 juin 2009

Paternité angoisse



Depuis que fiston est au monde et présente des yeux bleus azur qui ne semblent pas vouloir changer de couleur, Papa poule est désemparé car il ne cesse de se demander d'où il tient cela.

Ça en est devenu un running gag. Je crois que cette idée de ne pas être le père d'un enfant doit traverser l'idée de plusieurs papas mais en bout de ligne, on comprendra que cette idée farfelue se doit d'être abandonnée.

Pour clouer le bec à Papa poule qui la ramène à chaque fois que l'on parle de ma ressemblance frappante avec fiston et non de la sienne, combiné au fait que Papa poule a les yeux noirs charbons et moi bruns, je lui ai placé une annonce sur le réfrigérateur.


Là, il devra arrêter de m'en parler...

Hé hé!

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Ce matin chez la pédiâtre, alors que l'infirmière regarde mon fils et nous dit, mais il a donc bien de beaux yeux, ce sont les yeux de qui ça?

Papa poule ne peut s'empêcher de la ramener avec : ben ceux de son père...

On ne s'en sortira pas!