dimanche 9 mars 2008

Hommage posthume à une héroïne à ailes en plumes!


Texte envoyé à un quotidien pour souligner QUI est mon héros!!!



Bonjour,

> Mon héroïne est une personne fantastique qui ne pourra jamais malheureusement récolter la gloire de sa nomination. Elle nous a quittés, le 16 juin dernier suite à une dramatique erreur de la nature. J'avais déjà écrit à l'époque un hommage que la principale intéressée avait pu lire. J'aimerais aujourd'hui le compléter et le partager avec tous ceux qui ont eu la chance de la croiser lors de son trop court passage ici parmi nous afin de souligner son courage exceptionnel.

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> "Un héros est une personne ordinaire qui trouve la force de supporter et de persévérer en dépit d'obstacles écrasants."
> Christopher Reeve


> Comment vous parler de la maladie et de la mort sans faire dans le mélo, le patho ou le mashmallow? Il faut en discuter à l'image de la personne: c'est-à-dire en faisant dans le rigolo.

> Madame la femme d'exception, Stéphanie Vézina, commence son règne en travaillant dans un milieu ingrat et réservé traditionnellement aux hommes: une prison. Il faut voir ce bout de femme de trente ans tenir tête aux plus coriaces et manipulateurs délinquants. Et ce, toujours avec un sens de l'humour et un sourire à tout épreuve.

> Lorsqu'à la fin de l'été 2006, j'apprends qu'elle souffre d'un cancer grade 4 du côlon et que ce n'est pas trop les perséides dans son ciel, c'est madame même qui me console: "C'est une des meilleures choses qui me soit arrivée!" Ça donne le ton de la saga! Et ça nous donne surtout envie d'arrêter de jouer avec les mousses dans nos nombrils.

> Célibataire et pragmatique, elle transforme cette expérience houleuse en pose yoga zen.

> Alors qu'elle se farcit chimio sur chimio, pendant de longs mois, elle réussit à remonter le moral des troupes. Elle nous raconte qu'elle voit son ventre comme un grand terrain de football avec malheureusement, quelques mauvaises herbes ayant poussé là où il ne le fallait pas . Elle imagine alors une équipe de beaux mecs musclés, elle les appelle ses jardiniers. Ils viennent arracher les mauvaises herbes. Et puis, du tac au tac, elle dit, en faisant une moue que de temps en temps, elle reçoit un traitement d'insecticide.(la merde de chimio.)Et le plus beau là-dedans, c'est qu'elle ne s'endort plus jamais seule avec toutes ces déités à ses côtés.

> Cette femme exceptionnelle avait même hâte de retourner travailler entre les quatre murs de la prison alors qu'elle aurait pu rester chez elle à se morfondre, pleurer et crier en se demandant pourquoi ça lui arrivait à elle.

> Lorsque je la vois, lorsque je me rappelle d'elle, je me rappelle combien elle était belle, combien elle était courageuse; combien la vie est si fragile et pourquoi à chaque jour, il faut se rappeler que la santé n'est pas un acquis mais une grâce.

> Elle a perdu son combat début juin. La dernière fois que je l'ai vue, elle était très amaigrie, très faible mais avait encore cette pépite d'or au fond des yeux. Je savais qu'elle nous quitterait sous peu. J'étais alors enceinte; je lui avais demandé de prendre soin de mon fils, de l'autre côté, le temps qu'il arrive parmi nous et lui avait demandé de lui donner un cours en accéléré sur les choses de la vie, d'être sa marraine la fée quoi!

> C'est à ses funérailles que j'ai vraiment réalisé sa grandeur. J'ai remarqué qu'une bonne cinquantaine d'agents des services correctionnels avaient fait plus de 200 km pour un ultime au revoir. Lorsqu'au cours de la cérémonie, ils se sont levés d'un seul bond, se sont avancés dans l'allée de la cathédrale et lui ont fait part par voie, qui je l'espère menait directement à l'au-delà, de leur gratitude d'avoir ensoleillé un milieu aussi sombre et fermé qu'est une prison, j'ai vraiment compris qu'elle faisait partie de la caste des super héros. Superwoman, Lara Croft et même La femme chat ne lui arriveraient jamais à la cheville.

> La manière tout à fait exceptionnelle qu'elle a eu de gérer sa situation, son épreuve, sa mort annoncée en fait une personne dont la qualité et le courage se doivent d'être soulignés, et ce, à gros traits. Mon fils n'a pas pu rester avec nous. Il est décédé quatre jours après sa naissance des suites d'une trop grande prématurité. Il m'est alors tellement plus facile d'imaginer qu'il a pour lui tout seul un super héros avec des ailes de plumes de l'autre côté. Qu'est-ce qu'il en a de la chance!


> Stéphanie Vézina, 1975-2007

1 commentaire:

Charlotte a dit…

C'est très émouvant et très touchant.