Dans une autre vie, affectée à d'autres occupations,, je voyais toutes sortes de choses à tous les jours.
Un Photo-Police en téléréalité "live" quotidiennement.
J'aimais bien ce boulot et je le détestais en même temps.
Je détestais voir ces humains qui avaient mis le pied sur un caillou et qui s'étaient cassé la cheville au lieu de juste avoir de la chance de ne pas avoir fait de faux-pas.
Il y avait deux clientèles. Je voyais des monsieurs-madames-tout-le-monde qui du jour au lendemain s'étaient mis eux-mêmes dans le pétrin.
Cet homme qui amoureux fou d'une danseuse à gogo...Menace...Sursis. Emprisonné dans sa maison sans barreaux.
Cette grande folle hystérique gai qui s'était amouraché d'un gars d'un milieu criminel... Juste une fois. Trafic de stup. Lui aussi, en sursis, dans son cocron sans barreaux avec son minuscule caniche.
Cette femme qui...homicide involontaire. Sursis.
Cette grand-mère qui avait gagné le gros lot au casino et qui croyait avoir trouvé une nouvelle source de revenus, veillant son mari qui se mourrait d'un cancer à la maison et ne pouvait plus travailler. On ne gagne pas toujours au casino. Fraude. Sursis.
Et il y avait tous ces petits ou grands délinquants qui avaient toujours toutes les bonnes raisons les ayant poussés à faire de la criminalité leur mode de vie. Aucune introspection. Aucun remords. Ils étaient là à braire que c'était leur dernière fois, qu'ils avaient compris, qu'ils ne recommenceraient pas. Pffff! Utopie. Six mois plus tard, ils étaient de retour.
Et il y avait les autres; ceux qui franchissaient la ligne pour la première fois. Ceux qui s'étaient mis dans le pétrin. Une seule fois dans leur vie.
Et lorsque je regardais leurs yeux, parfois j'avais froid dans le dos. Car la ligne est bien mince. Parfois, leurs regards apeurés, inquiets, rougissants de honte; ces regards de gens simples qui n'avaient juste pas trop pris le temps de réfléchir, ils pourraient être un jour le mien, le vôtre, le nôtre...