Il y a trois ans, alors que je vivais ceci j'étais la fille la plus terrifiée sur terre. Se décider à fonder une famille à presque 40 ans, c'est toute une aventure.
J'avais donc eu le temps de voir, autour de moi, toute une panoplie d'amis, de connaissances, de pas-si-amis-que-ça fonder des familles avant moi. Et je dois humblement avouer que j'avais la jugeotte facile.
Celle-ci qui n'avait (soi-disant) jamais le temps de récurer chaudron et spatule parce que le petit était trop demandant...Pfff!
Celle-ci qui (selon moi) bichonnait trop son enfant au point où je trouvais la situation d'un ridicule...(On peut-ti ouvrir une autre bouteille au lieu de jouer à faisons faire le tour des bras de tout le monde à bébé...)
Celle-là qui allaitait aux deux heures la nuit, que je voyais cernée jusqu'au menton et où la seule question qui pouvait me passer par la tête, était, c'est une secte ou quoi?
Oui, je l'avais très facile la jugeotte. Je les regardais du haut de mon perchoir en me disant, ben voyons, MOI, ce ne sera pas comme ça!
Bien aujourd'hui, je rougis en l'admettant mais je dois le faire: OUI je suis comme ça! Et certainement peut-être pire.
Une autre leçon de la vie.
Je ris comme une mouette devant ce perchoir qui a dégringolé.
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Lorsque mon fils est décédé, j'ai longtemps cru que plus jamais il n'y aurait de soleil dans ma vie devenue si sombre. Je vivais avec un trou en permanence dans le chest; comme si j'avais servie de cible aux militaires, testant une nouvelle arme de destruction massive. Je me traînais les bottines, avec une impression d'avoir les lacets attachés ensemble.
Et puis, Seconde Chance s'est produite. Avec toutes les peurs, les angoisses, les nuits d'insomnie que cette nouvelle aventure comportait. Mais cette fois-ci, exit les peurs existentielles que ce petit être allait (peut-être) tout bousiller mon existence si bien orchestrée. Les peurs, elles étaient plutôt reliées au fait que ce petit être, ne pourrait peut-être pas, encore une fois, venir changer ma vie. J'étais passé de bousiller à changer. Tout était différent.
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Alors aujourd'hui, lorsque je songe à ces gens qui se demandent pourquoi les nouveaux parents ne font que parler de leurs bébés, je comprends.
Il ne peut en être autrement.
Je vis la plus belle relation amoureuse de ma vie. L'amour ne se divise pas; il se multiplie. Contrairement aux bouteilles de Macallan et aux bouteilles de Tignanello, on ne peut voir le fond de l'amour que l'on porte à sa progéniture.
J'aimerais tellement pouvoir dire aux mamans en deuil qu'un jour la musique va rejouer, que chaque enjambée va sembler moins lourde et que même si on n'oublie jamais, l'aube d'une nouvelle vie se dessine et permet d'être à nouveau, si heureux.
Oui, vraiment heureux...
Et aux autres, je demande de l'indulgence. Le cerveau d'une maman baigne complètement dans l'ocytocine, l'hormone de l'amour. Vous ne vous rappelez pas combien vous aviez l'air niais lors de votre dernier début de romance? C'est la même chose en cent fois bonifiée.
Et dire que j'aurais pu passer à côté!