samedi 7 juin 2008

Lettre à Dieu

Cher Dieu,

de toutes les foutaises que j'aie pu entendre dans les derniers mois te concernant et surtout, concernant les épreuves que tu m'envoies comme sur une chaîne de montage je tenais à te mettre les pendules à l'heure.

Sûrement que si j'étais dans un de ces pays où contester ta suprématie me vaudrait la mise à mort, je me réjouis qu'ici, je puisse le faire en toute impunité. Et comme ça se passe entre toi et moi, que chacun aille s'occuper de son champ d'oignons avant de penser me tirer une roche.

Certains vieilles grenouilles que tu réussis encore à berner disent qu'il faut se mettre à genoux lorsqu'on te parle. Dans mon cas, vois-tu il n'en sera pas question. Nous aurons une discussion les yeux dans le yeux. Tu aimes l'honnêteté? À quoi ça me servirait de faire semblant alors que ta cote est presque nulle. Si tu étais à Wall Street, le marché s'effondrerait.

On m'a dit: Dieu avait besoin de lui. Quelle bêtise! Quel Dieu a besoin d'une âme qui est tellement neuve que la garantie n'est même pas encore apposée dessus. Quel Dieu a besoin de foudroyer d'une manière telle que la manière d'y survivre est de se débrancher le coeur du sternum pendant de nombreux mois, le temps que le trou créé dans le ventre vide finisse par ne plus trop se faire sentir.

On m'a dit: Dieu envoie des épreuves à ceux qu'ils aiment. Maudite foutaise. Si c'est le cas, alors peux-tu, svp, m'aimer un peu moins? Je n'ai jamais quémandé ton amour; je me portais même très bien avant que tu te décides à me préférer aux autres.

On m'a dit: Dieu redonne ce qu'il prend. Et bien, je n'en veux pas de tes cadeaux empoisonnés. Laisse-moi me débrouiller dans mes chemins complexes et où marcher m'apprend plus sur la vie que le fait de m'agenouiller et d'essayer de comprendre tes putains de voies qui comme le disent si bien ceux qui y croient, seraient impénétrables.

"ON" ne sait jamais quoi dire et aime bien meubler le silence et le malaise par la connerie. Celle au cube. Regarde le gâchis que tu fais; tu poses des gestes tellement incompréhensibles que les hommes pour essayer d'y comprendre quelque chose, doivent se servir de toi pour panser une horreur qu'ils ne veulent surtout pas dans leur cour. Pas de chance, j'ai gagné à la seule loterie qui ne m'intéressait pas et à laquelle je n'avais jamais acheter de billet.

Tu m'as enlevé ce que j'avais de plus précieux et tu penses que je vais continuer à te faire des courbettes? Si tu existes vraiment, que tu es si bien, si fin et si bon que ça, que tu t'habilles chez Armani ou à la friperie du coin, si tu es tous les mots qui commencent par omni et tout le tra lala alors je me dis que tu sauras pourquoi j'ai le feu au cul comme ça. 

8 commentaires:

Charlotte Moderne a dit…

La dernière chose que je veux c'est dire une connerie alors je dirai rien. Juste avoir ma gueule sur ton post.

L'aubergiste en devoir a dit…

Y'a juste les cons pour dire des conneries; tu es sauvée!

katerine a dit…

Oufff....je te lis et je me retrouve dans tes paroles!! Milles et une questions, mille et une frustrations.
Tu écris très bien ma belle.
Les commentaires plates et même stupides sont trop souvent présents.....que souvent je fantasme de faire des 'jambettes' dans un escalier!
Je pense a toi, a ton ange et tout plein de baisers a lui et un gros calin a toi.
Katerine.

Marieve a dit…

Je crois que si cette lettre était une pétition pour revendiquer notre droit à la colère (ou au feu au cul!), tu obtiendrais vraiment beaucoup de signatures!

J'ai adoré te lire... encore!

Marieve xx

L'aubergiste en devoir a dit…

Ce qui est important de se rappeler est que Dieu est ce que les hommes ont voulu en faire. Toutes les phrases que nous lui donnons, toutes les pensées que nous prêtons viennent en fait de nos petite têtes d'hommes. Peut-être que lui, ou elle, qui sait, fait du bobsleigh présentement, s'amuse et ne s'occupe pas trop de ses affaires terrestres. Sommes-nous seuls? Peut-être aussi!

MJ a dit…

J'ai lu. Tout depuis le début. J'aimerais te dire qu'un jour ça fera moins mal, qu'on fini par oublier. C'est pas vrai. On fait juste arrêter de gratter le bobo. L'important c'est de nommer les choses: la colère, la peine, la révolte, l'angoisse. Et la peur, la maudite peur. Mon fils aurait 23 ans. Merveille en a presque 6. Et même si rationnellement je sais que dans les circonstances - un enfant multi-handicapé, multi-poqué, pas de père dans le décor - c'était mieux ainsi, il est resté une partie de moi qui aurait aimé que merveille connaisse son grand frère. Et t'as raison: Dieu, dans ces temps-là, il est pas réconfortant. La seule chose qui réconforte, c'est le silence...

anita a dit…

Je crois que la seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas.
Des bises et des embruns, en passant.

Christiane Fortin a dit…

J'ai trouvé votre blog par l'entremise de Encre. J'ai aimé lire votre lettre adressée à Dieu. Les marches de la vie sont difficiles pour bien des gens. Je vous remercie de partager vos pensées avec nous.