mardi 6 octobre 2009

Libre arbitre: allaitement suite et fin

Dans mon premier billet, j'ai émis une réflexion sur mon expérience personnelle. Comme je l'ai mentionné, j'ai fini par aimer cela et même plus adorer. Encore une fois le retour du balancier.

Je regardais ces mamans qui allaitent jusqu'à un an, 18 mois, deux ans, comme des espèces de bibittes venues d'une autre planète. Et maintenant je comprends.

Sauf que d'un autre côté, je me dois de parler de celles qui font le choix de NE pas allaiter. Il faut cesser de les regarder également comme si elles étaient des inconscientes, des dénaturées. Allaiter n'est pas pour tout le monde. L'intelligentsia mammaire se promène ici et là en prônant les valeurs du sein, de l'attachement parental mère-enfant, des bienfaits protecteurs et tutti quanti. On la connaît la chanson.

Sauf qu'en même temps, une mère qui ne pourra pas allaiter par choix personnel ou tout simplement par cause de problème mineur ou majeur, ne doit pas se faire tirer des roches par le reste du cercle social. Il y a tellement de pression à ce niveau que beaucoup de mamans se créent des psychoses avec cela, même si l'allaitement n'est pas pour elles.

Lorsque ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas. Les gourous de l'allaitement prôneront toujours qu'il y a une solution à tout problème. Oui, c'est vrai. Si pour réussir, il faut se munir d'un dispositif d'allaitement (petit tube qu'on entre dans la bouche du bébé en même temps que le sein), s'il faut boire trois tonnes de tisanes qui activent la production de lait, s'il faut à chaque fois se piquer à la morphine pour oublier la douleur causée par des mamelons gercés, crevassés, par des mastites à répétition...je décroche!

Oui, il y aura toujours une solution mais qui devra être adaptée à NOTRE capacité à gérer cette solution. Certaines iront au bout du monde pour pouvoir continuer alors que pour d'autres, ce sera trop si un ou des problèmes se présentent. Seront-elles de plus mauvaises mères pour autant?

Je ne crois pas. C'est bien beau l'allaitement mais d'un autre côté, sommes-nous en train de rendre la femme québécoise folle avec toute cette pression engendrée par ce courant? Lorsque je voyais les biberons gardés presque sous clé à l'hôpital, lorsque j'ai fait le choix d'en demander pour éviter que mon fils souffre de la faim, je me suis sentie incompétente, mauvaise, dénaturée. Pourquoi? Parce que tout le spot de lumière est branché sur le choix qu'une mère doit faire alors qu'elle vient de mettre son enfant au monde, qu'elle est fatiguée, émotive et qu'elle sent qu'elle n'a qu'une option, celle de mettre son enfant au sein. Et que si elle ne choisit pas cette option, elle vient de tomber dans la catégorie des sans desseins.

De grâce, soyons un peu moins dénigrants envers celles qui ne peuvent, par choix ou obligation, mettre le pied dans l'aventure.

La plupart de ma génération n'a pas été allaitée et on s'en tire pas si mal, non?


4 commentaires:

Joulie a dit…

Ta réflexion me tire un petit sourire de satisfaction! C'est bien expliqué et résume en tout point mes pensées à ce sujet, un sujet qui fait toujours monter certaines au front comme un vrai chemin de guerre, tellement il est encore souvent extrêmiste et tabou!
;)

Mounette a dit…

Oh my! Merci pour tes deux derniers billets! J'ai accouché vendredi dernier, et ma seconde nuit à l'hôpital a été atroce à cause de l,allaitement, qui ne fonctionnait pas. Après presque 24h sans que je dorme, les infirmières m'ont proposé de prendre ma fille avec elles au poste, qui hurlait comme une damnée. Et elles m'ont ramené un ange... qui avait été nourri à la seringue. POurquoi on ne m'a pas proposé cette solution avant, j'aurais évité d'avoir un bébé qui hurlait sa faim depuis des heures et qui tétait sans que rien ne sorte, avec comme conséquence des gerçures... Bref, c'est vrai qu'il ne faut pas lâcher, mais maudit que l'on n'est pas ou peu informées, même en milieu hospitalier...

katerine a dit…

Je n'ai pas lu ton texte au complet, car en ce moment l'allaitement est un sujet qui me fait très mal. Un gros gros deuil à faire.
Mais je voulais simplement te dire que je te trouve bien chanceuse de pouvoir allaiter. Et ton petit homme t'en sera reconnaissant un jour!

L'aubergiste en devoir a dit…

@ Mounette: il y a effectivement la seringue, le petit cup. À l'hôpital, ils en dervaient pas attendre qu'on soit sur le bord de s'évanouir avant de nous donner un coup de pouce. Je crois que c'est au niveau du suivi sur le 24 heures rotatif qui cause problème. Je ne sais pas pourquoi mais c'est ça...Dans mon cas et le tien faut croire!

@ Katerine: Ma chère amie, tu n'allaites peut-être pas Lia, mais tu fais prodiges un tel don de toi en t'en occupant avec amour que tu peux être fière de toi. Malgré la peine et le désarroi, tu maintiens ton bateau en plein tempête comme un vrai capitaine. Tout le monde là-haut est VRAIMENT fier de toi!