lundi 5 octobre 2009

L'allaitement: pas toujours facile...



En cette Semaine mondiale de l'allaitement, il m'était impossible de ne pas en discuter un peu.

Oui, j'allaite Laszlo depuis presque sept mois. Et j'en suis fière. Comme pas possible. C'était quelque chose que je voulais plus ou moins effectuer, avec en tête, si ça ne marche pas je ne m'obstinerai pas...

Et bien ça n'a pas vraiment marché et je me suis obstinée. Comme jamais je n'avais réussi à le faire dans ma vie. Tout était propice à ce que j'abandonne. Pas de lait à l'hôpital, pas vraiment de soutien lorsque j'ai débuté ce qui m'a causé de vilaines blessures. Ensuite, douleur atroce lors de la mise au sein et pour la finale, déshydratation totale de mon bébé ayant pour conséquence qu'il dut avoir un petit cathéter dans la main à deux jours de vie avec dose massive d'antibiotique. Je pleurais à chaque mise au sein et je me suis mise tellement de pression que je ne considérais aucunement l'option bouteille. Jusqu'à ce que je me dise qu'il n'était pas question que mon fils souffre de la faim parce que j'étais une foutue conne qui avait peur de la pression sociale et du jugement d'autrui.

Et les 3 derniers jours où je fus à l'hôpital, je ne voulais plus tenter l'allaitement. J'avais peur. La grosse chienne. Ça faisait mal! Et je me sentais si incompétente. Pourquoi partout ils disaient que c'était facile et que ça ne faisait pas mal?

L'infirmière avait apporté un tire-lait industriel et me disait de tirer mon lait, que ça m'aiderait. Il ne sortait rien. Et avec ce tire-lait qui tirait comme un boeuf devant une charrue, j'avais l'impression que même les méninges allaient me sortir par le bout du sein. Mais pas de lait. Y'avait rien.

J'ai eu ma montée de lait au 4ème jour. J'ai réussi à me tirer environ l'équivalent d'un bon crachat. J'étais si fière que je l'ai mis dans un petit gobelet et lorsque l'infirmière est venue me voir, je lui ai montré en faisant Talam! Elle semblait n'en avoir rien à foutre et surtout, ne semblait pas impressionnée par mon 3 ml de liquide. Moi, j'étais si contente.

De retour à la maison, j'ai essayé encore et encore. Le bébé dormait tout le temps, je n'étais pas capable de le réveiller. Personne n'avait eu la merveilleuse idée de m'avertir que lorsqu'on a une césarienne, les anti-douleurs avec codéine assomment le bébé.

À chaque jour, j'essayais et je trouvais ça pénible, difficile. Je me disais, une journée de plus, tiens une journée de plus. Fais-le pour lui!

À chaque jour durant le premier mois j'ai failli lâcher.

Et tout à coup, ça s'est mis à mieux aller. La douleur a lâché, le lait est apparu en quantité démesurée. J'ai même commencé à aimer ça. C'est si pratique.

Si je choisis d'en parler aujourd'hui c'est que je veux que les gens sachent que ce n'est pas si facile que ça pour tout le monde l'allaitement. Ça peut être même carrément insupportable. Il faut arrêter de crier sur tous les toite et de faire miroiter que c'est si naturel, que ça se fait tout seul. Pour certaines oui. Quelles chanceuses! Si quelqu'un m'avait dit que tout allait se replacer, que oui, c'était difficile et que ça finissait souvent par devenir facile, je ne sais pas si je l'aurais cru mais j'aurais pris mon mal en patience et aurais peut-être moins pensé à abandonner jour après jour. Je ne l'ai pas fait, pas parce que je croyais que ça deviendrait facile, je l'ai fait parce que je croyais que c'était ce qu'il y avait de mieux pour mon fils même si je me voyais vivre le pire des calvaires pendant encore des jours, des semaines ou même des mois...

Je vous laisse avec une réflexion prise dans l'encart sur la Semaine mondiale de l'allaitement et qui provient du Dr Christiane Laberge, médecin de famille réputée.

"L'allaitement maternel ce devrait être le premier choix, et c'est le meilleur, pas de doute là-dessus. Mais c'est un choix comme celui de fumer ou pas, comme celui de faire de l'exercice ou pas. La seule différence, c'est qu'il n'implique pas sa propre santé mais celle d'un autre être qui devrait être notre priorité. Ne pas faire ce choix, c'est une option. Mais il faut prendre la décision en connaissance de cause et en assumer pleinement la responsabilité.

Ça ne sert à rien de cacher certaines réalités aux futures mères. les six premières semaines d'allaitement, ce n'est pas toujours facile. En fait, quand c'est facile, ça constitue une exception. Mais au-delà de cette période d'apprentissage, et mieux encore après trois mois, c'est vraiment la solution de la liberté. Et c'est ça qu'il faut dire aux mamans. Si on leur présente toujours l'image de la mère allaitante en plein nirvana, elles vont se sentir incompétentes si tout ne va pas à la perfection, et ce sera un argument de plus pour abandonner l'allaitement:"on dit que c'est naturel, et pourtant je ne suis pas capable! J'ai mal aux seins, le bébé boit constamment, je suis fatiguée tout le temps...aussi bien abandonner!" "

Je n'ai pas abandonné et je prévois continuer encore un bon petit bout de temps. Aussitôt longtemps que Laszlo voudra bien. Mais si je me fie à mes débuts, j'aurais aimé que quelqu'un me dise les vraies affaires. Que quelqu'un me tienne ce genre de discours...



9 commentaires:

Hispong Elbayne a dit…

"Personne n'avait eu la merveilleuse idée de m'avertir que lorsqu'on a une césarienne, les anti-douleurs avec codéine assomment le bébé."

Ben voyons donc O_0! Messemble que c'est la responsabilité du pharmacien d'informer sur les effets secondaires d'un médicament.

L'aubergiste en devoir a dit…

Le problème c'est que lorsque tu as une césarienne à l'hôpital, ils te donnent un sachet avec une panoplie de pilules adaptées à ta condition. Ça s'appelle l'auto-médication. Tu gères toi-même ta douleur avec ça.

Sauf que...

Lorsque tu veux allaiter, ils devraient effectivement te mettre en garde que si tu utilises les Tylenol codéine, le bébé va encore plus être amorphe et difficile à réveiller. Peut-être que ça se fait ailleurs mais moi, je ne fus pas prévenue et je ne l'avais jamais lu nulle part dans les manuels d'allaitement.

Me semble que c'est important non?

Catellina a dit…

J'adore! J'ai été bien informé et c'est ce qui a fait qu'à maintenant 2 mois j'allaite toujours.... Car on m'a dit que ce serait de plus en plus facile.... Et oui pour la minorité! Vasospame, muguet, crevasse, boire 45 minutes aux heures.....

C'est génial pour plein de futures mamans ton post! Bravo! Et surtout pour ta persévérence!

chatouille ta vie koala a dit…

Bonjour toi , tu es toujours un grande dame à mes yeux et je croie que je n'ai plus à te le dire car tu sais mon amitiée pour toi.

Moi tu sais je sui stoujurs marqué par le fait que j'ai du mette un terme à mon allaitement à l'hôpital parcequ'ils me donnaient un médicament dangereux pour la santée de bébé mais pour sauvé la maman.

Mes seins coulaient et je vouais tellemtn le nurrire par voie naturelle encore un rêve envolée
j'ai été la maman la plus décu du monde et eu le coeur blessé à jamais de ne pas avoir eu cette chance de le nourire au seins.

Alors même quand onn me parle de douleurs, crevasses, fatigue je comprend tes propos de ne pas avoir voulu lâcher mais quelle magnifique moments de rapprochemant avec son enfant à vivre dew smoments inoubliables l'allaitement qui mas été voler parceque j'avais pas été scéduler dans mon entrer et que mon suivie de grossesse tournait au vinaigre en dernier vers la fin de ma grossesse personne ne ces occuppée de voir à ce que mon hospitalisation ce passe bien entrainant une mère dans le pré-éclmapsie dans une chute infernale.
Ou était mon doc ???? et qui était mon doc ???? durant ce séjour de 12 jours fou ....

ALors soit heureuse d'avoir eu cette chance d'allaitement moi aujourd'hui j,ai les larmes aux yeux à te lire tellement j'aimerais juste avoir cette chance de remettre mon fils à l'allaitement si on ce comprend ta de qoui être fière et moi je suis fière de toi ton amie chatouille xxx (lâche pas ton tit chou est beau et en santée grâce à ton lait .)

DaNa... a dit…

Ho que c'est vrai.... Dans mon cas je n'ai jamais eu de montée de lait, et ce même après 2 semaines... Alors il faut un moment donné se décider, mais je jure que ce ne fut pas facile... C'est totalement vrai ce que tu dis ca semblait tellement facile que j'ai vraiment cru qu'un jour ca se déclancherai....

virginie a dit…

Je veux allaiter bébé et biensur jespere que ca va bien aller lollll mais au moins je sais que ca va aller en saméliorant!!!!

ton ptit pit a vraiment des belles bottes :D

Marie Cath a dit…

Wow, tu écris tellement bien!
Allaiter c'est un don de soi. Allaiter ce n'est pas facile en effet.
Moi on m'avait dit que ça prennait 2-3 semaines pour être à l'aise et plus d'un mois pour que l'allaitement soit bien *installé*
Je dois avouer qu'une chance qu'on m'avait dit ça, je me suis accrochée à ça pour m'encourager la 1ere fois!
C'est vrai que c'est tellement pratique!
Bon allaitement,

Courage à toutes les mamans!

Anonyme a dit…

Wow ! T'es bonne parce que moi je ne sais pas ce que j'aurais fait dans ta situation...

J'ai allaité mon fils jusqu'à 16 mois et maintenant j'allaite ma fille de 11 mois. Si toi et ton chum avez un autre enfant et que tu l'allaites, tu verras que c'est plus facile la deuxième fois. Tu seras plus à l'aise dès le début. Pour ma fille, j'ai aussi trouvé que ma production de lait s'ajustait plus rapidement à la consommation du bébé que la première fois.

Ne lâche pas et profite des beaux moments avec ton fils.

En passant, tu écris très bien. Tes textes sont souvent très touchants.

L'aubergiste en devoir a dit…

@ Dana, j'avais du lait et je me sentais la tête sur le bûcher à chaque soir. oui, il faut prendre une décision mais on dirait que c'est la pire de notre vie, surtout qu'on est fatiguées, émotives après l'accouchement.

@ Virginie: n'hésite jamais à demander du soutien si tu te sens vulnérable, tout est dans le soutien. Savoir que ça va aller en s'améliorant peut aider à passer les premières semaines qui peuvent s'avérer très difficiles.

Oui c'est pratique! Et merveilleux car on ne traîne rien lorsqu'on part sinon les couches. Mais au début faut s'adapter et être à l'aise de le faire en public. Après plusieurs semaines c'est si naturel d'avoir le sein à l'air qu'on le fait au beau milieu d'une salle à manger sans trop s'en formaliser si on a pas le choix.

Effectivement comme le mentionne Anonyme amie allaitante, j'imagine que pour le deuxième, ce doit être tellement facile si aucun problème majeur ne se présente.

Moi qui détestais ça, moi qui voulais arrêter à chaque minute pendant les 5-6 premières semaines, me voilà la larme à l'oeil de penser que ça va devoir s'arrêter un jour...

Comme quoi!





Il ne faut pas oublier que tout le petit monde pour un premier enfant est complètement bousculé. La vie n'est plus pareille. Il faut s'adapter à celà aussi. C'est une belle aventure, la plus belle qui soit, mais sacrifice qu'elle tire du jus. ;)