mercredi 31 décembre 2008

Le suicide n'est pas un nom de groupe rock!



En cette fin d'année, il y a des bons coups et des mauvais coups. Il y a eu de grands bonheurs et des passables. Mais il y a toujours eu l'espoir.

J'ai eu une missive d'une de mes amies qui m'apprenait que dans le rang voisin du sien, un père de famille avait décidé d'aller manger les pissenlits par la racine à quelques jours de Noël. Je ne sais pas pourquoi j'ai besoin d'en parler ici, peut-être parce que ça me révolte. Il serait plus facile de parler des rigodons, du mononc aux longues mains et tralala mais en même temps, le suicide fait parti de notre société et le taire serait encore une fois cacher un tabou.

Cet homme qui a choisi le chemin le plus noir, laisse derrière lui 5  jeunes enfants. Pas des adultes, des petits enfants qui ne comprendront pas. Imaginons la culpabilité d'un adulte mature; imaginons celle d'un enfant qui n'a pas la cognition nécessaire pour saisir toutes les nuances.

Parler du suicide est aisé pour moi. Je ne l'ai jamais connu de près mais j'ai travaillé assez longtemps avec des suicidaires pour en comprendre la dynamique. Souvent des manipulateurs, parfois de vrais loques qui n'étaient qu'à un ou deux mm de commettre l'irréparable.

S'il y a quelqu'un qui peut comprendre le mal de vivre, le manque de joie, la noirceur de l'âme, c'est bien moi. La Taverne n'a pas toujours été illuminée de mille feux étincelants.

Pourtant, lorsque je reviens à l'histoire de notre bougre désespéré, je me demande comment on peut partir ainsi en laissant derrière soi, 5 paires de petits yeux affolés. Quel héritage laissons-nous alors à ces âmes en devenir? Que lorsque c'est difficile, on tire la plug? Comme ça, sans autre solution?

Un parent est supposé être un héros, un chêne, un roc pour sa progéniture. Souffrir à un tel point qu'il ne reste plus qu'une seule solution, je ne peux la piger. Je ne veux pas juger ici, je ne veux que comprendre. Et il est important pour moi de préciser que si certaines personnes me lisant on vécu ce drame, je leur offre toutes mes sincères sympathies et leur offre une tournée générale pour évacuer le désarroi.

On perd un être cher d'une maladie, d'un accident, on finit par comprendre qu'on ne pouvait rien y faire. On perd quelqu'un parce qu'il avait mal; toute sa vie on se demande pourquoi on n'a rien vu, ce qu'on aurait pu faire, et ma réflexion va comme suit: comme enfant, on se demande pourquoi on ne comptait pas assez pour que notre parent reste avec nous.

Mais quel héritage funeste. 

Oui c'est triste. Mais quelque part, il y a un paquets de jeunes qui se mangeront les mains jusqu'aux coudes et qui pousseront tout croches car on leur a enlevé leur tuteur. Qui suivront plus tard, thérapie sur thérapie et qui auront de la difficulté à assimiler le fait qu'il n'y a rien à comprendre et que ce choix ne leur appartient pas, autant qu'ils ne sont pas tributaires de celui-ci.

Il est temps de réaliser que de s'ouvrir à autrui c'est parfois aller plus loin que le simple bonjour, comment vas-tu? Sans vraiment écouter la réponse du coeur.

Et si cette année vous pouviez sauver une vie, en oubliant le tabou de la mort et en demandant tout simplement à une personne qui vous semble désespérée, penses-tu à te suicider? Quand et comment?

Cette simple phrase pourrait ouvrir une porte qui elle, permettrait de ne pas déchirer une famille, un mariage, une relation importante.

Pour cette nouvelle année, je souhaite la vie à tout le monde. La rédemption pour les déchirés, la continuation pour les optimistes, la lumière pour les pessimistes.

La vie est extraordinaire.

Elle vaut la peine.

Ne demeurez pas seuls avec votre noirceur.

7 commentaires:

Une femme libre a dit…

Je pense que le suicide est associé à la maladie mentale. Le suicidé est trop malade pour penser aux autres, il n'en est plus là. Il veut mettre un terme à ses souffrances et c'est tout de suite que ça se passe.

Pour les enfants, il faut garder espoir. C'est très difficile pour des enfants de vivre avec un parent qui a une maladie mentale, vous en savez quelque chose. Peut-être trouveront-ils un pilier pas mal plus solide que celui-là. Peut-être nous surprendront-ils par leur résilience.

Marie-Lo a dit…

Effectivement ce ne sera pas facile pour ces 5 petits enfants de comprendre le pourquoi, la raison qui a fait que leur père en était rendu là...
J'espère qu'ils seront bien entourés, d'une mère, de grands-parents... même si cela ne leur redonnera jamais leur père...
Pour ma part j'ai vécu la disparition d'un être cher par le suicide il y a 2 ans et je ne comprend toujours pas ce qui a pu le pousser à commettre l'irréparable et à laisser plein de gens autour de lui dans l'incompréhension, la tristesse et la culpabilité;parce que ohh oui je me suis sentie coupable.. de ne pas avoir été là à ce moment précis, de ne pas avoir su déceler les petits signes avant-coureurs dont on nous parle tant.. Je me suis demandé et me demande encore comment il a vécu ses dernières minutes seul.. avec ce qui allait l'aider à mettre fin à ses jours.. et comment il a eu le guts de se rendre jusqu'au bout... Mon ami ne souffait pas de maladie mentale, mais il était très sensible et pensait toujours que tout était contre lui..et il est parti sans laisser d'explication. je me poserai des questions toute ma vie je crois sur le pourquoi ..
En espérant que ces jeunes enfants finissent un jour par avoir une réponse.. mais reste que c'est un triste début d'une nouvelle année..

Magenta a dit…

Le mari de ma cousine est parti comme ça il y a deux ans. Ils étaient séparés mais lui avait une nouvelle conjointe et pleins de projets... Un homme magnifique avec une carrure à faire fondre toutes les femmes, un travail très bien et aucune maladie mentale... Il avait deux superbes enfants âgés de 12 et 14 ans... Ce sont eux qui l'ont retrouvé pendu, ils étaient seuls quand ils sont rentrés à la maison, c'était son tour de garde...

Je lui en ai tellement voulu, c'est incroyable, je l'ai trouvé tellement égoïste de commettre un tel geste et j'ai encore du mal à lui pardonner... Personne n'a compris. Il aurait tellement pu faire autrement et, de grâce, éviter cet ultime souvenir de lui-même laissé à ses enfants. Comment le désespoir peut pousser à de tels gestes?
Je ne sais pas et je reste dans l'incompréhension la plus totale...
Et, surtout, j'ai pitié pour ses enfants.

Koala a dit…

Hm! cinque petite paires d'anges s'ouffrent ce matin non mais il a surement pas trouvee oreille a qui parler avant d'effectuer un tel geste incomprehensible pour tout ceux qui vont le pleurer. Geste qui aurait pu etre eviter surement si quelqu'un avait pue voir le bobo attend mais ce geste reste un des plus facile encore a commettre parceque malheureusement dans la societee d'aujourd'hui devenu trop materialiste les gens oublie des bon peres de famille qui aurait peut etre eu besoin d'ecoute et de support ou tout autre personne qui avait besoin d'une petite oreille de reconfort . Je ne suis pas pour ceux qui commettent un tel geste ni pour la culpabilitee de ceux qui auront a le porter mais oui nous avons le droit que cela soit choquant et impardonnable pour ceux qui devront subire son absence . Ma pensee ce matin vas vers ces enfants qui j'esperee eux auront quelqu'un de tres professionellle pour les aider a passer un deuil aussi noir et mal compris encore plus pour des tout petit anges qui doivent se ratacher a la vie . Je prie ce matin afin que son geste ne gache pas la vie de ces petits qui vont le pleurer terriblement dans l'imcomprehension tu as bien fait d'en parler garde jamais ce genre d'evenements en toi sa fait du bien de le sortir du systeme . Koala en passant ma belle j'ai prise un verre a la santee du succes de tout les bloggers de ces sites en passant par ta taverne reconfortante a ta santee . KOALA

Sunny a dit…

Bonjour.Je viens de lire d'une traite votre blog et j'ai rit et j'ai pleuré.
Je vous souhaite une belle année 2009 ,et un sumo en super santé

L'aubergiste en devoir a dit…

@ Une femme libre: Vous avez raison mais je mettrais comme bémol qu'être suicidaire est un "état" dans le temps, un épisode. Bien sûr, il y a en a des chroniques mais ils sont plutôt rares. Un peu comme un psychotique: c'est un état. Ça se guérit lorsqu'on sait demander de l'aide, faire le pas. Malheureusement, certains attendent tellement avant de le faire qu'ils n'ont effectivement plus l'énergie de le faire rendu au bout de leur rouleau. Pour les enfants, c'est la merde totale. On compatit et envoie toutes nos meilleures pensées.

@ Marie-Lo: on parle des signes avant-coureurs mais en pratique, qui les connaît vraiment? J'ai suivi deux formations complètes sur le suicide et quelque fois, alors que j'étais plus active dans ce milieu, il m'arrivait d'avoir envie de banaliser un cas car il y a tellement de manipulateurs. Il fallait alors se recadrer et prendre chaque personne comme une personne entière et poser les vraies questions, ce que les gens évitent souvent de faire, pour toutes sortes de raisons. Se retrouver face à un vrai désespéré, ça tire du jus. Parfois on aime mieux croire que tout va pour le mieux...Et ça, c'est lorsqu'il y en a des signes. Parfois, aucune réponse ne sera jamais accessible. Certains se murent dans un silence et ne veulent pas en parler avec leur entourage par peur de passer pour faible, trop vulnérable. Souvent le cas des hommes...Encore une fois malheureusement...

@ Magenta:on a ici l'exemple d'une perte de contrôle flagrante. Lorsque la douleur atteint un paroxysme, que la sonnette est rouge et allume de tous côtés, je crois que la raison est loin derrière. Parce que dans un cas comme le tien, le raisonnable, il n'existe plus. Mais j'imagine très bien la phase de colère qui durera sûrement plus qu'une autre dans le processus du deuil...

@ Koala: merci de prendre un verre à ma santé c'est gentil!

@ Sunny: Bienvenue à la Taverne; j'espère vous compter dorénavant parmi mes distingués convives. Bonne année à vous aussi!

Lapsus a dit…

Je juge: les gens qui se suicident sont des égoistes qui ne pensent qu'à eux-mêmes. Des lâches aussi. Se faire trouver, pendu, par ses propres enfants! *&?% de tab(*&?

Par contre, quelles sont les ressources pour les gens (trop peu) qui voudraient de l'aide? Un psy dans les pages jaunes à 50$ de l'heure?

C'est encore pire pour nous les hommes à qui on doit souvent prendre la main pour nous diriger vers quelqu'un qui va nous aider.

Comme société, refusons le suicide. Ce devrait être la priorité nationale.

bonne année quand même!